Auteur: LEPIDI Pierre-Paul
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dimanche 27 janvier 2013

Test de l'Olympus 17 mm f/1.8 MSC [partie 4]




Rappel


- partie 1: les caractéristiques et le prix du 17 mm f/1.8, les premières impressions au déballage



- partie 2: l'autofocus, la distance minimale de mise au point, le piqué à pleine ouverture en jpeg




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Conformément à son statut d'optique haut de gamme, l'Olympus 17 mm f/1.8 MSC est doté d'une bague de mise au point manuelle mécanique agréable, accompagnée d'une échelle de profondeur de champ. Le passage à la mise au point manuelle s'effectue astucieusement par glissement de la bague vers la base de l’objectif comme on peut le voir sur l'animation suivante:





Rappelons un précédent billet qui indiquait:

- ce qu'est la profondeur de champ;
- quels sont les facteurs dont dépend la profondeur de champ;
- comment utiliser une échelle de profondeur de champ.



Si les échelles de profondeur de champ gravées sur les objectifs ne sont jamais très précises, celle de ce 17 mm doit battre tous les records d'imprécision... N'espérez pas évaluer correctement la zone de netteté par une lecture de l'échelle! Cela dit, il suffira de mémoriser une ou deux distances remarquables pour shooter en hyperfocale. 





NB: les tableaux suivants ont été réalisés à partir de l'excellent site DOFMaster





D'après le tableau ci-dessus, si l'on régle la distance de MAP sur 1,5 m et que l'on choisit une ouverture de f/2, la zone de netteté s'étend seulement de 1,30 à 1,77 m...





Dans le tableau ci-dessus, en choisissant toujours une distance de 1,5 m et en fermant à f/8, on constate que la zone de netteté s'étend alors de 0,93 m à 3,90 m. Bien mieux !



Intéressons-nous maintenant à des valeurs toutes particulières en abordant la notion d'hyperfocale.

On appelle hyperfocale la distance minimale pour laquelle les sujets sont perçus nets quand on règle la mise au point sur l’infini. Pour un appareil et une focale donnés, cette valeur dépend de l'ouverture choisie.

Les distances hyperfocales sont notées en bas de tableau. On voit que la distance hyperfocale est de 2,43 m pour une ouverture à f/8 :



 Ainsi, en règlant l'ouverture sur f/8 et la distance sur l'infini, on obtiendra une zone de netteté s'étendant de 2,43 m jusqu'à l'infini.


 
Il existe une propriété très intéressante relative à l'hyperfocale: la distance de mise au point réglée sur l'hyperfocale permet d'obtenir une image nette de la moitié de cette distance jusqu'à l'infini.
 
En règlant l'ouverture sur f/8 et la distance sur 2,5 m, on obtiendra donc une zone de netteté s'étendant de 1,25 m jusqu'à l'infini :




Il me semble essentiel de rappeler que la notion de netteté en hyperfocale est somme toute relative. Quel que soit son matériel, chacun a pu constater dans sa pratique photographique qu'une mise au point à la bonne distance se traduit toujours par une netteté du sujet supérieure à celle d'une prise de vue en hyperfocale.


Quelques photos prises à f/8 en hyperfocale, à des sensibilités différentes. Il s'agit de jpeg directement issus du boîtier OM-D E-M5, sans aucun post-traitement, hormis le rajout d'un encadrement:


Olympus OM-D E-M5 + Oly 17 mm (no PP)



Olympus OM-D E-M5 + Oly 17 mm (no PP)



Olympus OM-D E-M5 + Oly 17 mm (no PP)



Olympus OM-D E-M5 + Oly 17 mm (no PP)



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 BILAN



Les plus :

- Belle construction métal.

- Bague de mise au point manuelle mécanique agréable.

- AF rapide.



Les moins :

- Prix élevé pour un équivalent 35 mm.

- Piqué à pleine ouverture certes convenable mais en deçà des performances des dernières focales fixes de la marque.

- Distorsion énorme pour ceux qui bossent en raw avec le logiciel Capture One. Pour ceux qui shootent en jpeg ou qui utilisent d'autres logiciels (Lightroom, Photoshop...), elle sera automatiquement corrigée (partiellement), y compris sur les raw.

- Échelle de profondeur de champ particulièrement imprécise.



LA NOTE FINALE






3 commentaires:

  1. Super boulot !

    perso pas trop besoin de l'echelle de profondeur de champs vu la qualité de l'af , mais par contre j'apprécie de savoir ou ce trouve l'infini pour m'y mettre direct, par exemple prendre une photo derrière un hublot d'avion sans que la map ce fasse sur la vitre.
    ce n'est malheureusement possible qu'avec 2 objo à ma connaissance (et qui dispose de l'af) le 12 et celui ci

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  2. Bonjour,
    Je ne suis pas franchement certain de la pertinence de vos "méthodes" de test d'une optique. D'une part, le terme "piqué" que vous employez fréquemment recouvre diverses notions quantifiables que vous ne mesurez pas, et une part subjective, propre au regard de chacun, et à son niveau d'exigence. D'autre part, juger de ce niveau de "piqué" en "analysant" des JPEG issus d'un boîtier Oly qui lisse allègrement les détails me semble assez peu logique, même en les croppant. Plus loin, je lis que le "piqué" du 17 mm ne serait pas au niveau des autres objectifs de la gamme (je suppose que vous évoquez le 45 et le 75?): si tant est qu'on y applique un protocole identique, quel est l'intérêt pour le photographe de terrain, de comparer 3 focales différentes, toujours aussi subjectivement, et qui n'ont évidemment pas les mêmes usages?
    Ensuite, vous évoquez longuement les corrections logicielles appliquées aux fichiers RAW: même si je préférerais personnellement garder la main dessus au post-traitement (je dématrice sous LR4), en prenant l'exemple d'un laborantin qui ne bénéficierait pas de ces corrections logicielles embarquées, il me semble que vous prenez le problème à l'envers. Maintenant, est-ce que le niveau de distorsion d'un objectif est un critère de la qualité de cette optique, ou bien doit-on simplement prendre en compte qu'Olympus a fait le choix de le corriger après-coup? Je n'en sais rien. De toute manière, si c'est pour simplement avoir une distorsion "naturelle", puis la corriger en post-traitement en utilisant des profils de correction en presets, est-ce que ça ne revient pas au même pour l'utilisateur?
    Pour terminer, vous estimez le tarif élevé pour un 35 mm: en effet, ce n'est pas donné (et à ce titre, le tarif du pare-soleil optionnel n'est pas non plus un cadeau). Seulement à comparer ce "35 mm" (34) avec ce qui est proposé par ailleurs par les autres marques et formats pour une focale équivalente, on se rend rapidement compte que ce tarif n'est pas aussi prohibitif qu'il y paraît, notamment pour un objectif AF, corps métal et échelles (bien qu'en effet peu précises), et générant un "bokeh" très agréable (ce qui est rarement le cas dans les optiques proposées dans d'autres marques et formats).
    Pour ma part, je suis passé en m4/3 parce que justement, aucun autre format ne me permettait de m'équiper à ce niveau de rendu boîtier/objectif pour un budget contraint. Je trouve cet objectif idéal, et c'est un des seuls dont je n'ai aucun besoin de post-traiter le "piqué". Il est d'ailleurs étonnant de lire pour cet objectif précis des "tests" assez contrastés, suivant les utilisateurs, alors que d'autres objectifs, à mes yeux de même niveau de rendu, mais bien loin de la qualité de construction, font l'unanimité (le 20mm Pana, par exemple, pour rester dans des focales assez proches).
    Cordialement.

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  3. S'il vous convient, tant mieux.

    Après plusieurs mois de pratique de cette optique, je maintiens l'ensemble de mes propos.

    Bien cordialement.

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